M-Commerce et Mobile marketing : bilan et prévisions 2011

.
1. Une prévision de croissance à 10%

.

Selon la FEVAD, le chiffre d’affaires du e-commerce est passé de 25 milliards d’euros en 2009 à près de 32 milliards cette année. En France, en dépit de la crise les bourses vont donc se délier un peu plus, et ce grâce au web. Ce qui est plus nouveau, c’est la montée en puissance du m-commerce (le e-commerce électronique sur téléphone mobile) et du mobile marketing. Selon Coda Research Consultancy, aux USA, ce secteur a doublé en un an pour atteindre 2,43 milliards de dollars en 2010. Mieux, dans cinq 5 ans, il devrait atteindre près de 24 milliards de dollars.

Ce décollage est grandement lié à la démocratisation des téléphones mobiles et autres tablettes permettant de surfer plus aisément sur la toile. Ainsi, les dernières études de Marketingsherpa démontrent que dans quatre ans, plus de deux tiers des mobiles seront des smartphones.

Conseil m-commerce trinity adviseConséquence directe de cette augmentation de parts de marché, une plus grande utilisation de l’Internet mobile en général, puis une croissance des achats réalisés par ce canal.

Pour profiter du courant, les opérateurs de téléphonie, les banques et autres les solutions de sites pour web mobiles vont également engager la bataille pour imposer de nouveaux standards et faciliter l’accès à la mobilité commerçante. Les prémisses du changement se font d’ailleurs déjà sentir dans le monde de l’open source puisque les plus grandes plateformes de CMS proposent dorénavant des solutions compatibles web et internet mobile (WordPress, Joomla, Drupal, Magento…).

2. Quelle approche du mobile commerce ?

.

De facto, il est devenu évident que le canal Mobile ne se limitera plus qu’à un outil de GRC, et les entreprises qui sauront surfer sur la vague du merchandising mobile prendront un avantage concurrentiel conséquent pour les années à venir. Le constat est simple : bientôt, où qu’il soit, le consommateur souhaitera pouvoir acheter un billet d’avion, une place de concert, s’offrir une petite chemise tendance ou le dernier joujou d’Apple. Instantanéité, spontanéité, l’achat va devenir encore plus compulsif.

A ce propos, un sondage mené par Shop.org et Forrester Research en Novembre 2010 démontre que plus de deux tiers des commerçants sur internet n’ont encore pratiquement pas amorcé leur stratégie dans le mobile. Que faut-il donc conseiller aux entreprises pour sauter dans le bon wagon ? Une seule chose dans l’immédiat : face à l’innovation, aller droit au besoin du consommateur, surtout si ses attentes sont embryonnaires. Cela passe donc par une réflexion sur la valeur ajoutée qu’apportera un service mobile. La mobilité suppose une très grande rapidité d’utilisation, dans des situations parfois peu confortables pour le mobinaute.

En conséquence, les «Applis » ne doivent pas être de simples déclinaisons de sites e-commerce mais des interfaces simplifiées. D’abord car les écrans des téléphones et tablettes offrent une visibilité plus réduite et que les sites mobiles, ce qui oblige à proposer des contenus synthétisés, des menus de navigation simples et hyper intuitifs. Ainsi, à titre d’exemple, nous préconisons de rendre le champ de recherche plus visible que sur un site traditionnel, de favoriser l’utilisation d’icônes, de réduire les descriptions de produits, et de prévoir des liens suffisamment espacés pour qu’il soit facile de cliquer dessus. Exemple vidéo d’une étude d’eye-tracking sur iPad face au m-site IKEA, pour mieux comprendre la complexité et la rapidité du comportement de l’œil face à un terminal mobile.

3. Alors, application ou site mobile ?

.

Une récente étude userADgents relate que 267 765 applis iPhone-iPad sont proposées par plus de 55 000 développeurs sur l’appstore français d’Apple. L’appli-fever se propage à grande vitesse, mais là encore, attention de choisir une solution adaptée aux besoins de votre entreprise. Car au-delà des coûts de production, ce qui prime est surtout l’utilité de l’appli et sa capacité à assister réellement l’internaute dans sa démarche d’achat. L’application a donc plutôt une vocation marchande mono-tâche ce qui la rend inappropriée pour des plans de communication transversaux. Sncf a ainsi choisi de produire une application pour la vente et le suivi des billets et une autre pour les infos trafic.
.

mobile commerce 2011

Dans la majorité des cas, tant qu’il ne s’agit que d’initier sa présence sur le web mobile ou de relayer de l’information commerciale auprès du mobinaute, un petit site mobile est largement suffisant. D’ailleurs, notez que la plupart des solutions de construction de m-sites permettent de les transformer facilement en applications. En effet, une appli peut en fait n’être qu’un site web packagé dont les contenus sont modifiables à la volée dès l’ouverture et une connexion Internet (cf. modules Magento ou WordPress).

4. Le mobile, outil de relais commercial avant d’être un terminal de vente

.

Selon l’étude de Forrester Research (Nov. 2010), le m-commerce ne concerne encore aujourd’hui que 2% des utilisateurs de téléphones mobiles. La même étude relate que la mobilité est aujourd’hui le couteau suisse des e-merchandisers, qui utilisent plus les téléphones comme relais informatifs dans le processus d’achat. Elle démontre encore qu’un bon site de m-commerce doit surtout permettre de se localiser dans les magasins (on parle de «store locating»), car les utilisateurs apprécient beaucoup l’utilisation de l’outil mobile comme assistant de courses physiques en point de vente. Ainsi, les consommateurs pourront bientôt se connecter au point de vente avant, pendant et après leur shopping, pour vérifier la disponibilité du produit qu’ils souhaitent acheter, commander leur liste de courses ou précommander un nouveau produit.

tag mobile marketingLe monde de la distribution et des GMS a bien compris l’intérêt de cette approche. Dans ce secteur, des applications mobiles sont déjà en phase d’expérimentation terrain, pour faciliter la navigation du chaland dans les rayons du magasin ou optimiser le temps d’attente en caisse. Autre innovation, les dernières les applis de social shopping qui permettront en 2011 de localiser un ami dans un centre commercial, de gérer votre carte de fidélité au fil des achats, et d’obtenir des promos en temps réel par rapport aux à vos historiques d’achat. Notez que ces services mobiles se feront via de la géolocalisation Wifi, 3g ou par le protocole Felica utilisant les puces Rfid (infos techniques ici).

En conclusion

.

Consommateurs et entreprises doivent donc enfin se préparer à l’émergence du m-commerce et à l’arrivée de nouvelles solutions de mobile marketing. Annoncée depuis plus de 6 ans la révolution de la mobilité est à notre porte, notamment grâce au push des iphones, tablettes et autres téléphones Android. Pour ne pas réitérer la catastrophe de l’implosion de la bulle internet en 2001, les start-up ont su se faire patientes pour ne diluer les technologies qu’avec parcimonie et ingéniosité dans le quotidien des e-consommateurs. Enfin la fin de l’arlésienne du mobile !

Nicolas BOURNEZ DESVIGNE

Aucune reponse to “M-Commerce et Mobile marketing : bilan et prévisions 2011”

Ecrire une reponse ou un commentaire